IA Act · Article 50

Article 50 : les lignes directrices arrivent 12 jours avant l'échéance — ce qu'elles tranchent

Mickael Gomes

Le calendrier, d'abord

Les obligations de transparence de l'article 50 du règlement (UE) 2024/1689 s'appliquent le 2 août 2026. Le 20 juillet 2026, la Commission a approuvé le contenu de ses lignes directrices sur ces obligations — décision C(2026) 5054 — l'adoption formelle restant suspendue à la finalisation des versions linguistiques dans les 24 langues officielles. Le fond est donc arrêté ; seule la traduction conditionne encore la publication du texte. Ces lignes directrices ne sont pas contraignantes : elles exposent la lecture de la Commission, elles n'ajoutent pas d'obligation et n'en retirent aucune, et l'interprétation du droit revient in fine à la Cour de justice de l'Union européenne. Elles éclairent la mise en œuvre ; elles ne tranchent pas les cas.

Ce qui n'a PAS été reporté

Le règlement (UE) 2026/1744 (ouvre un nouvel onglet), en vigueur depuis le 27 juillet 2026, confirme que l'article 50 s'applique bien au 2 août. Le transitoire de l'article 111(4) qu'il insère ne couvre qu'une seule chose : le marquage de l'article 50(2), uniquement pour les fournisseurs, uniquement pour les systèmes mis sur le marché avant le 2 août 2026 — pour ceux-là, et pour ce seul marquage, l'échéance est repoussée au 2 décembre 2026. En clair : un fournisseur dont le générateur était déjà commercialisé au 1er août dispose de quatre mois de plus pour rendre ses sorties marquées de façon lisible par machine — et pour rien d'autre. Le reste de l'article 50 — l'information de l'utilisateur (50(1)), le signalement des hypertrucages et des textes d'intérêt public (50(4)) — s'applique sans délai, y compris à ces systèmes déjà sur le marché. Le report est étroit ; il n'est ni un moratoire, ni un blanc-seing.

Le détail que personne ne relève : l'asymétrie du 50(4)

L'article 50(4) traite deux cas avec deux dates de référence distinctes. Pour les hypertrucages (image, audio, vidéo), la date qui compte est celle de la GÉNÉRATION : un contenu produit avant l'échéance n'a pas à être marqué rétroactivement, même s'il continue de circuler après. Pour les textes d'intérêt public, c'est la date de PUBLICATION qui compte : un texte rédigé avant août mais publié après le 2 août 2026 doit être signalé — sauf si l'exemption de contrôle éditorial s'applique, c'est-à-dire lorsque le contenu a fait l'objet d'un contrôle éditorial et qu'une personne assume une responsabilité éditoriale sur sa publication. La conséquence est contre-intuitive : un même modèle peut produire, le même jour, une image dispensée de marquage et un article qui, lui, doit être signalé. Deux régimes, deux horloges ; les confondre est la première erreur d'inventaire.

La montée en grade du code de bonnes pratiques

Les lignes directrices finales estiment que le code de bonnes pratiques sur la transparence (Code of Practice on Transparency) constitue un moyen adéquat de démontrer le respect de ces obligations. C'est une montée en grade : d'outil facultatif, le code devient la voie que la Commission reconnaît comme suffisante. Concrètement, y adhérer devient un signal exploitable plutôt qu'un exercice de bonne volonté — un cadre nommé sur lequel s'aligner, que l'on peut citer, et qui structure la charge de la preuve le jour où il faut la produire.

Sanctions, une ligne

Article 99(4)(g) : jusqu'à 15 M€ ou 3 % du chiffre d'affaires annuel mondial, le montant le plus élevé étant retenu. Article 99(6) : pour les PME et les jeunes pousses, c'est le montant le plus BAS des deux qui s'applique.

Ce que ça change, concrètement

Trois réflexes tiennent le choc. Informer l'utilisateur avant le premier message d'un système conversationnel, et non dans des mentions enfouies : la divulgation doit précéder l'interaction, pas la documenter après coup. S'assurer ensuite que le marquage machine survit à toute la chaîne de production de l'asset — export, recompression, passage au CDN, capture d'écran d'un tiers — là où les métadonnées se perdent le plus souvent ; un marquage qui ne franchit pas le pipeline ne vaut rien. Tenir enfin un inventaire des systèmes qui génèrent du contenu synthétique et de leurs sorties, daté selon la bonne horloge (génération pour l'image, publication pour le texte). Rien de tout cela ne dit si tel système ou telle organisation entre dans le champ de l'article 50 : cette qualification relève du droit, pas d'une note de veille.

Sources primaires

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